Nord du Pérou : Trek dans la
sauvage Cordillère Huayhuash.
Au
débouché du col "Passo de la Fortaleza" alors que la
Laguna Conacocha, source du rio Santa, reflète les premières cimes
enneigées de la Cordillère Blanche, l'on peut apercevoir, sur notre
droite, un massif émergeant de l'horizon : la Cordillère
Huayhuash. Après avoir passé quelques
jours à Huaraz pour commencer notre acclimatation et réglé les derniers
détails de notre expédition nous partons en minibus pour Llamac en
passant par la petite ville de Chiquian.
1° jour : Afin d'éviter une première
étape sur piste poussiéreuse, notre bus nous laisse à
Quaterlhuain (4.150 m), point de départ de notre
trek. A peine installés, nos 2 muletiers et leurs 10 ânes
arrivent. La soirée se terminera par un violent orage de grêle.
La nuit nous laissera aussi une bonne dizaine de centimètres de neige
fraîche.
2° jour : La neige est toujours au
rendez-vous mais nous partons tout de même pour le col de Cacanan Punta
(4.750 m). Entre deux vagues de nuages, nous pouvons apercevoir une magnifique
lagune aux reflets rougeâtres. La descente sur la Laguna
Mitucocha se fait par une série de vallons sauvages, hors
itinéraire normal, dans lesquels nous avons la chance d'admirer de
nombreuses viscaches (famille des chinchillas) . Campement au bord de
la lagune vers 4.150 m au pied du raide Jirishanca (6.094 m) dont
malheureusement le sommet ne se dévoilera pas.
3° jour : Après avoir descendu sur deux
kilomètres la vallée, nous remontons une grande vallée jusqu'au col de
Carhuac (4.650 m).
Du col, le panorama sur les faces Est des deux sommets du
Yérupaja et du Yérupaja Chica respectivement 6.634 m et 6.121 m. est
grandiose. Descente agréable, avec le soleil revenu, vers la
grande Laguna de Carhuacocha
(4.100 m) dans laquelle les deux sommets du Yérupaja s'y
reflètent.
Dans la nuit, encore quelques
centimètres de neige, juste pour blanchir un instant une aube qui
s'annonce rougeoyante.
4° jour
: C'est dans ce cadre fantastique que nous décidons de
passer notre première journée de relâche.
5° jour
: Nous quittons l'itinéraire classique et nous nous dirigeons
plein sud dans la bell e vallée
qui longe les sommets de la Siula Grande, et du Yerupaja. Après avoir
pris un peu de hauteur, vers les 4.250 m, nous arrivons à l'entrée d'un
tout petit village de bergers. De là, la vue sur la co rdillère et plus
particulièrement sur la Siula Grande (6.344 m) est remarquable.
La vallée se resserre petit à petit et la pointe du Carnicero (5.960 m)
apparaît. Avant de quitter la vallée principale, les trois lagunes de
la Siula se découvrent jouant avec les reflets des sommets. Le
vallon suspendu, perpendiculaire au précédent, nous conduit au
col de Punta Siula à plus de 4.800 m. La descente sur les bergeries de
Huayhuash (4.300 m), se fait en cherchant son chemin sur des touffes
d'estrella (Llareta), sorte de massif corallien végétal afin d'éviter
les immenses prairies humides. Les bergeries de Huayhuash sont réputées
pour leur production de fromage.
6° jour : Le soleil est toujours de la partie. La montée ver le
col de Portachuelo (4.750 m) est tranquille. Sur notre droite nous
avons le Trapecio (5.644 m) et au loin, la cime enneigée du Cuyo
(5.550m). La descente ver le lac Viconga se fait au milieu des troupeaux de moutons, lamas et
alpagas. Non loin de la prairie où nous avons monté les tentes (4.450
m) on peut se baigner aux thermes de Putka en plein air, dans un bassin
aménagé alimenté par une source d'eau chaude ( environ deux kilomètres
à pied). Le lac de Viconga (sa forme rappelle la lettre V) est exploité
pour l'hydroélectricité. Le passage du col nous fait basculer
côté Pacifique. En effet, depuis le passage du col de Cacanan nous
étions sur le bassin versant de l'Amazonie.
7° jour : Nous prenons la direction du col de Punta Cuyac niché
au pied du Cuyo (5 .550 m) petit sommet rehaussé
d'un magnifique glacier suspendu. Du col, nous aurions du avoir
une vue grandiose sur les plus hauts sommets de la cordillère
mais quelques nuages malicieux nous les cachent. On se rattrapera
demain. Le col qui conduit à la vaste Quebrada d'Huanacpatay se
trouve tout de même à 5.000 m. Autant la montée était progressive, la
descente sera raide dans une suite de minuscules vallons couverts de
terre ou d'éboulis. Nous installerons notre campement
(4.500 m) dans la partie haute de la Quebrada car demain nous devons
rejoindre la Laguna Jurau par un autre itinéraire.
8° jour : Effectivement nous abandonnons la vallée
d'Huanacpatay pour escalader, par un raide sentier, un petit va llon à notre droite qui grimpe en deux
ressauts au col de San Antonio (5.000 m). Cette fois, le panorama sur
les géants de la cordillère
est au rendez-vous. De droite à gauche nous avons Le Trapecio, le
Carnicero, le Sarapo, la Siula Grande, le Yerupaja, le Jirishanca et le
Rasac, le tout sous un ciel immensément bleu. A leurs pieds, la
Laguna Jurau quasi circulaire et d'un bleu profond se blottie entre
deux immenses moraines. Un peu sous la lagune ( 4.300 m) nous
installons notre camp.
9° jour
: Bien que le lieu soit réputé "mucho frio" nous resterons la
journée complète dans ce cadre fantastique. Bien sûr, nous en
profiterons pour grimper jusqu'à la Laguna Sarapococha (4.550 m). De
plus l'itinéraire qui monte à la lagune passe tout à côté de
l'emplacement du camp de base de l'équipe constituée de Joe
Simpson (auteur du livre "La mort suspendue") et Simon Yates lors de
leur ascension de la face ouest du Siula Grande.
10° jour : Très longue étape qui va nous conduire de la
Laguna Jurau sous le col Tapush en passant par le village de Huayllapa
(3.500 m), village où habite notre muletier. La descente est
tranquille et deux heures après nous retrouvons l'itinéraire normal qui
longe la vallée d'Huanacpatay. Le village est des plus isolé, pas de
route, l'électricité depuis peu, seulement quand la nuit est tombée,
grâce à une micro centrale hydroélectrique et un seul téléphone (par
satellite). Ayant perdu pas mal d'altitude nous retrouvons une
végétation plus abondante et les cultures envahissent les pentes les
plus raides. Le campement sera installé sur un vaste replat (4.650 m)
avant d'arriver au col Tapush. Le fond de la vallée est fermé par le
Diablo Mudo l'un des rares sommets "faciles" du massif.
11° jour : Le passage du col Tapush (4.800 m) ne pose
aucun problème. Nous contournons le Diable muet qui se reflète dans la petite lagune
de Susucocha. Nous descendons la vallée de Jashapampa mais sans trop
perdre d'altitude nous obliquons à droite et pénétrons dans une autre
vallée bordée de quenoales. Ces arbres aux troncs rougeâtres et
qui se pèlent comme des oignons constituent les forêts les plus hautes
du monde.
12° jour : L'itinéraire joue astucieusement avec les vires et
rampes qui se cachent dans les barres rocheuses qui sem blent
fermer le fond de la vallée. Arrivés au col Yaucha (4.800m)
nous quittons un instant le sentier normal pour se rendre au "bel védère". De la crête qui borde la rive droite de la
vallée, le spectacle qui se découvre sur les faces ouest du Yerupaja
est saisissant. Au même moment, dans le ciel immensément bleu, un
condor trace une belle arabesque avant de filer tout au loin dans
l'horizon. La descente vers les Laguna de Jahuacocha et
Solteracocha se fait au milieu d'immenses massifs de lupins bleus.
13° jour
: Nous partons de ce site enchanteur pour notre dernière étape.
Les ânes resteront sur le sentier qui passe par le col de Pampa-Llamac
tandis que nous utiliserons un itinéraire "à flanc" qui suit la
récente conduite souterraine qui alimente en eau le village de
Llamac. Nous suivons ainsi sur plus d'une douzaine de kilomètres la
sauvage vallée de Pacllon avant de plonger sur notre terminus :
Llamac. Retour sur Huaraz dans la soirée en
minibus.
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