Nous sommes depuis deux jours à Yurrac Coral sous un beau soleil et
nous
redescendons d'une petite randonnée qui nous avait conduit à
4.200 m sur le chemin du camp de base du Pisco. Le lendemain sous un
soleil beaucoup plus pâle nous grimpons à la lagune 69 aux eaux
turquoises dans lesquelles se reflète la majestueuse face sud du
Chacraraju. Deux jours après nous grimpons, par un itinéraire sauvage,
vers le sommet nord du Yanapacha. Après un final dans un couloir
des plus délicat nous butons , vers 5.350 m, sur une paroi rocheuse très
délitée qui ne nous permet pas d'atteindre la cime. Mais le panorama
qu'il nous offre nous fait vite oublier les 30 mètres manquants.
Les ânes sont au rendez-vous et une petite matinée de marche suffit
pour nous amener au camp de base du Chopicalqui (4.350 m). Le jour
suivant, au petit matin, une couche de neige recouvre les tentes. Nous
montons
tout de même vers un pic anonyme (5.200 m) sur la longue arête
nord-est du Chopicalqui. Le surlendemain nous partons avec quatre
jours d'autonomie pour le camp moraine à 4.900 m. Le temps est toujours
médiocre mais nous avons espoir d'un revirement météo. Au matin,
déception ! Les sommets sont toujours sous les nuages
et comme presque
tous les matins, une couche de neige fraîche vient blanchir le paysage.
Nous arrivons peu après midi au col donnant accès à l'arête vers
5.650 m et dans le brouillard nous installons les tentes du camp 2.
Trois heures du matin, la montre sonne mais le bruit des flocons
de neige sur la toile nous laisse peu d'espoir de partir vers le sommet.
A 6 h 30, le soleil fait son apparition et chasse les nuages. Rapidement
nous nous préparons et nous partons vers le sommet enfin visible.
C'était sans compter avec les grosses quantités de neige de ces
dernières semaines. C'est au pied du raide ressaut au-dessus de
6.000 m, difficilement atteint à cause d'une neige fuyante et
profonde ( jusqu'à la taille), dans le mauvais temps revenu, que
nous décidons de faire demi tour. Le retour dans le brouillard et
sans les traces, effacées par le vent, captera toute notre attention.
Enfin les tentes !
Quatre jours seront nécessaires pour passer de la vallée de Llanganuco
à celle de Santa Cruz par les cols de Portachuello et Punta Union et la
vallée d'Huaribamba pour installer notre troisième camp de base au
pied de l'Alpamayo. Le passage de Punta Union par nos ânes chargés
et dans la neige gelée restera un moment d'anthologie.
Dix centimètres de neige au petit matin de notre première journée au
camp de base. Le lendemain, il fait beau et nous partons pour le
camp 1 à 4.950 m. En haut de la moraine nous sommes accueillis par une
soudaine et violente
chute de neige qui en quelques instants uniformise les blocs, éboulis
et rochers. De la neige aussi toute la nuit mais nous décidons tout de
même de monter au camp 2. Le glacier s'est effondré depuis 2001
et de nombreuses crevasses se sont ouvertes. La montée au col a bien
changé aussi.
De délicate
avant, elle est devenue difficile. En plus avec la neige profonde
! Une fois au camp 2, neige et brouillard seront nos compagnons de
l'après-midi et de la nuit. La grande paroi de l'Alpamayo reste dans
les nuages. Au petit matin, ce n'est pas mieux. La neige est
profonde, trop profonde pour tenter l'Alpamayo ou le Quitaraju. Même
s'il faisait beau il faudrait bien 2 ou 3 jours pour pouvoir y monter et
nous ne les avons pas. Le coeur gros nous décidons le retour au camp de
base. C'était le bon choix car les jours suivants n'ont pas été
mieux.
Deuxième tentative pour l'Alpamayo ! y en aura t-il une troisième ?